Jean MOUCHÈS est né le
27 décembre à Mugron dans les Landes, au sein d'une
famille de six enfants et d'un papa qui écrit. Enfant, il
fait ses débuts de musiciens devant le clavier d'un piano,
puis vers l'âge de 14 ans il découvre la guitare. Tout
en pratiquant la musique au sein de son groupe de copains, Jean
écrit ses premiers poèmes qu'il met très vite
en chanson avec sa guitare. Jean MOUCHÈS s'avère vite
être un auteur de chansons prolifique mais cet artisan méticuleux
prend son temps pour fignoler et présenter au public les
meilleures d'entres elles. Jean aime laisser du temps au temps,
à titre d'exemple, il mettra plus de 15 ans à enregistrer
sur disque des chansons comme (Prendre la fuite) ou (Corbillards),
cette dernière co-écrite avec son père, Jean-Claude
MOUCHÈS, et que seuls quelques uns d'entre-nous avions déjà
entendu sur un maquette prometeuse au tout début des années
80. Dès cette époque,
fort d'un
répertoire de plusieurs dizaines de chansons pleines d'ironie
et de tendresse, Jean offre au public
de son Sud-Ouest natal ses premiers concerts où son talent
est aussitôt remarqué par la critique. Un ami, Roger
GOUPIL (qui va devenir son fidèle producteur) l'invite à
chanter dans son café-théâtre à Mont-de-Marsan.
C'est alors, en 1982,
les premières spectacles à "La Lucarne"
à Bordeaux, les premiers prix remportés au sein des
concours de Chanson ("Grand Prix du public" de Vassivières
avec sa chanson: Cambrousse blues), puis la tournée
des café-théâtres de la région Aquitaine
(Auch, Pau, Agen, Bergerac...), le Festival du "Temps des cerises"
d'Agen, le Festival "Chanson pour aujourd'hui d'Hagetmau"
à la même affiche que Francesca
SOLLEVILLE, Philippe VAL, MOULOUDJI, Maurice
FANON...les premières parties de Pierre VASSILIU à
Mont-de-Marsan en 1983 et puis l'année
suivante avec Claude NOUGARO (Au Campus Universitaire de Bordeaux),
avec FONT & VAL à Bordeaux et Mont-de-Marsan, avec Gilbert
LAFFAILLE à Bordeaux... En 1984, FR3 AQUITAINE consacre
à Jean MOUCHÈS une émission qui sera diffusée
dans toute la France, puis il participe à la scène
ouverte du Printemps de Bourges. Mais c'est l'année suivante,
le 7 avril 1985 qu'il se produit au "Tremplin de Bourges"
devant le public de la Salle G. Sandier (Nous y étions !).
En 1988 Jean est de retour à Bourges et il présente
ses chansons sur la scène du Théâtre Jacques
Coeur. La même année, Jean sort en auto-production
"Tango chevalin" son premier album, puis suivra
en 1993 "En descendant du singe".
En 1996, paraît "La malédiction du caméléon",
un album produit avec un grand soin par Roger GOUPIL (Louna Productions)
et qui sera très bien accueilli par la presse nationale.
Livré dans un coffret "en bois d'arbre"
en hommage aux pins des Landes si chers à l'occitan Jean
MOUCHÈS qui précise: "Sans être un militant
nationaliste, je suis de là". Tout simplement, Jean
exprime avec beaucoup de diversité musicale ses
émotions (folk, vocalises contemporaines
avec LES MANUFACTURES VERBALES, airs style Belle Epoque,
jazzy, Bandas...) ainsi que son attachement à ses origines
lointaines (L'homme du néandertal), et à la
manière du Bob DYLAN qu'il a beaucoup écouté
jadis, il nous fait part de sa préoccupation pour le devenir
de notre planète (Le chanteur et la machine), glissant
ça et là quelques mélodies intemporelles sur
des chansons d'amour courtois (L'aimade), et en bon afficionados
de Bandas occitanes (Sourires aux anges). Entouré
d'excellents musiciens (amisuciens), Jean dépose ses musiques
sur les textes de son papa auteur, Jean-Claude MOUCHÈS: (Valse
imprécise) et le lyrique et éthylique (Enluminure
de buvette).
L'année suivante, Jean qui fût tout d'abord instituteur
avant de "faire chanteur", réalise un
conte musical "La maison du lac"avec
la collaboration les élèves âgés
de 9-10 ans, de l'école primaire
de Pontenx-les-Forges (Les Landes). Un très belle réussite
où Jean MOUCHÈS en bon pédagogue a su laisser
libre cours à l'expression des enfants. Des mélodies
que l'on retient, signe du savoir faire de Jean MOUCHÈS,
et des textes poétiques jamais ennuyeux. Un album délicat
et maîtrisé techniquement (ce qui n'est pas une mince
affaire avec des enfants) qui nous montre une facette supplémentaire
de l'artiste, auteurs de chansons pour enfants, exercice, où
soit dit en passant, ne réussissent que les plus grands.
Un signe qui en dit long sur son talent.
En 1999, Jean MOUCHÈS nous offre une nouvelle fantaisie musicale
"Toujours z'en retard". Entouré des enfants
des écoles landaises d'Escouce, de Labouheyre, de Solférino
et Trensacq-Commensacq, dans le rôle du maître d'école,
Jean évoque pour nous, les tribulations du petit Jacques,
élève toujours en retard, à travers les âges,
de la préhistoire à 2299. Le personnage attachant
du petit Jacques nous restitue avec justesse, grâce au talent
d'auteur de Jean MOUCHÈS, l'ambiance et les conditions vécues
au différentes époques. Emotion et humour garantis.
En mars 2000, Jean nous livre son 5ème opus avec treize chansons
et demi : "Du coq à l'âne" flanqués
des mêmes excellents complices (amisuciens):
le basque Jakes AYMONINO à la guitare, Marie-Anne MAZEAU
au chant, Michel MACIAS à la batterie, Franck NAVARRE à
la basse, Frère Marc des EMBOUCHURES au saxo et Jean-Luc
BERNADET (le petit nouveau) à l'orgue Hammond et au piano.
Dans ce disque Jean MOUCHÈS a encore
élargit sa palette mélodique.
Il nous fait voyager dans des ambiances émotivement très
réussies (L'heure blême), (Du coq à
l'âne), (Statues, la nuit...). Parfois, sans rien perdre
de son ironie pesonnelle, Jean nous offre quelques chansons douces-amères
(La vraie vie) ou pointe un léger humour noir (Autoroute).
Tout au long de ses années en chanson, Jean MOUCHÈS
n'a rien perdu de son sens de la dérision et nous sert une
belle leçon d'humilité avec son gospel "Marchera-ce
fort ?" et puis il nous fait partager ses souvenirs avec
beaucoup de sensibilité: (Au bord de l'Adour), (Soleil
dans l'oeil). L'ex-enseignant n'a pas oublié ses classiques
et nous propose sa version folk (très convaincante) du célèbre
poème de François VILLON
: "La ballade des pendus".
Ce disque convivial, produit avec panache par l'ami producteur Roger
GOUPIL, se termine comme il se doit par un "Café
Mozart" qui exprime simplement la magie dont sont capable
Jean et ses amis. A déguster !
Mais c'est avant tout sur une scène que cette magie s'opère
pleinement. Jean MOUCHÈS a plus d'un tour dans son sac (à
chansons) et avec une très grande maîtrise de son jeu
d'acteur-fantaisiste-chanteur-musicien, il nous entraîne avec
délicatesse dans son univers où l'on passe de l'ombre
à la lumière, du rire à la mélancolie,
avec un bonheur non dissimulé, certains d'avoir la chance
de voir évoluer sous nos yeux l'un des artistes les plus
attachants de la scène française, un auteur délicat
et un mélodiste fort inspiré sur lequel le temps n'a
pas de prise.
En octobre 2001, (sortie officielle prévue en janvier 2002),
Jean MOUCHÈSnous offre un nouveau CD: "Pattes
de Mouche", 5ème volet animalier de son oeuvre chantée,
un disque qui se veut un brouillon légèrement foutoir comme le carnet
de croquis d'un peintre maniaco-dépressif... (belle perspective).
Délicat artisan de la chanson, Jean MOUCHÈS signe
là un très beau disque, avec un rare maîtrise
technique et artistique pour une production indépendante.
Dans ""Pattes
de Mouche" il n'y a rien
à jeter, tout a sa place, l'humour (Camping sauvage dans
les Carpates), la tendresse (Bulle d'oubli, Chanson pour
Plume), l'amour de la Chanson et de ses illustres serviteurs
(Bel amour), la dérision du monde qui perd les pédales
(Va donc)... et ses sketches sonores qui nous régalent
les oreilles, et un livret CD rempli de dessins signés Philippe
ou Marianne MOUCHÈS et annoté par maître Jean,
lui-même. Merci Jean pour ce brouillon -cadeau !
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| Christian Verrouil
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