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BOURVIL 15 produits

BOURVIL
PRÉSENTATION:

Faire le portrait de BOURVIL, c’est faire le portrait d’un brave homme, je dirais d’un Français moyen si cette expression n’était pas accompagnée d’une connotation péjorative. Car BOURVIL fut un Français moyen, c’est-à-dire quelqu’un sur lequel il n’y a rien de scandaleux à raconter, un parfait honnête homme. Est-ce à dire qu’il n’y a rien d’intéressant à raconter ? Que nenni ! Car au travers des chansons (volontairement) idiotes qu’il a chantées, des opérettes médiocres qu’il a interprétées et des films laborieux réalisés par des tâcherons de la pellicule, BOURVIL s’en est toujours tiré avec les honneurs. Mieux : il a relevé le niveau de toutes ces oeuvrettes ! Et regarder un film avec BOURVIL, c’est l’assurance de passer un bon moment avec quelqu’un d’infiniment plus fin qu’il n’y paraît à première vue. Car nul mieux que lui n’a joué les idiots avec plus de finesse.
Et on a fini par oublier que BOURVIL était un musicien acceptable capable de jouer correctement de plusieurs instruments, ainsi que l’auteur de toutes ses premières chansons et de nombreux monologues (et pas seulement la « causerie antialcoolique »).

Avant d’être la vedette de cinéma dont on se souvient, le petit André avait toujours aimé faire rire ses congénères dès son plus jeune âge. Avec lui, fini le mythe du clown triste : BOURVIL se marre aussi dans la vie de tous les jours. Et quand il dut exercer divers métiers – car on n’était pas riche chez les MÉNARD – il ne perdit jamais son objectif premier : devenir artiste. Il a donc saisi les pauvres opportunités qui s’offraient à lui. Et ce qui devait arriver arriva : des réalisateurs talentueux ont fini par s’apercevoir qu’il valait mieux que ça. Merci MM. CLOUZOT, JOFFÉ, AUTANT-LARA, CAYATTE, OURY, MOCKY et MELVILLE.

L’histoire commence mal : lorsque naît le petit André RAIMBOURG le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare, 150 habitants, entre Rouen et Dieppe, son papa vient d’être tué à la guerre. La maman, avec ses deux enfants (il a déjà un grand frère) va rejoindre ses parents à Bourville, deuxième trou normand.
La maman se remarie avec un ami d’enfance, Louis MÉNARD (dans plusieurs de ses films, BOURVIL s’appellera MÉNARD) qui a une ferme. Ils auront ensemble trois enfants.
Le petit André s’ennuie à l’école. Il est un élève tout à fait moyen qui aime l’histoire « parce que ça permet d’imaginer comment étaient les gens autrefois », et la géographie, « parce que ça permet de rêver à d’autres pays, à des voyages ». C’est un bon petit garçon, dont le principal défaut est d’aimer faire rire. Enfin, défaut… tout dépend des circonstances.
C’en est un quand on est enfant de chœur, car goûter le vin de messe ou les hosties ou renverser l’eau bénite, c’est peut-être un péché… pas bien gros tout de même. Heureusement, il y a l’harmonium ; car André n’est peut-être pas très religieux mais il est subjugué par la musique.

Il écrit aussi des poèmes que son instituteur, M. LEMONNIER, gardera toute sa vie.
Cet instituteur fut peut-être à l’origine de la vocation d’André puisqu’il lui montre un jour un appareil de TSF. André est émerveillé ! Il reproduit les airs entendus sur son harmonica. Puis il veut apprendre la mandoline. Enfin, il veut un accordéon qu’il a vu dans la vitrine d’un magasin. Il devra patienter. Mais comme M.Lemonnier est content de lui, ses parents lui offrent un phonographe. Décidément, c’est la musique qui le tient. Et puis, deuxième sujet d’émerveillement : il assiste aux séances du cinéma ambulant qui vient à Bourville. Et à la fin de l’année scolaire, il peut jouer des chansons et des sketches à la fête de l’école.
Mais lorsque André a 13 ans, il est temps de songer à l’avenir sérieusement et ses parents rêvent d’en faire un instituteur. Il se retrouve donc interne à l’école de Doudeville, dont il a dit plus tard : « C’est l’époque la plus triste de ma vie. J’avais une petite casquette, un uniforme. On marchait en rangs. » Le supplice dure deux ans puis il finit par se sauver et revient à la ferme.
Il commence à courir les spectacles et les bals mais les Ménard lui demandent de choisir un métier. Alors, on le place comme apprenti-boulanger – un mitron comme on disait – à Fontaine-le-Dun. Mais André pense toujours à la musique et – ô bonheur ! – son patron fait partie de la fanfare municipale ! Il encourage donc l’apprenti. Celui-ci s’achète alors un cornet à pistons et participe à tous les concerts. Et dès qu’il aura quelques économies, il achètera l’accordéon depuis si longtemps convoité.

A chaque fois qu’il défile, il remarque une petite brune qui admire le défilé. Puis, il la rencontre au bal. Puis il va la voir à la ferme où elle habite. Jeanne vient chaque jour acheter son pain dans la boulangerie où il travaille. Il dira de cette époque : « Je voyais ma mie tout en gagnant ma croûte. »
En 1936, il trouve une meilleure place dans une boulangerie de Rouen… et dans l’harmonie. Et puis, surtout, il a l’occasion de voir son idole, FERNANDEL.
Mais il voit aussi se profiler ses vingt ans et le service militaire. Son patron lui conseille de devancer l’appel pour pouvoir choisir. Il s’engage alors pour trois ans au 24e Régiment d’Infanterie qui cherche des musiciens pour sa clique. En même temps, il chante pour ses copains de chambrée, bien entendu le répertoire de FERNANDEL.
L’année suivante, son répertoire étant au point, il se présente à un « crochet », en uniforme sous le pseudonyme d’Andrel (son idole a bien choisi FERNANDEL !) et chante… Ignace. Il gagne. Il s’inscrit à d’autres crochets, il chante dans les cinémas de quartier, les brasseries du côté de la place Clichy. Enfin, il gagne un crochet à Radio-Paris.

Tout cela démarre plutôt bien, jusqu’à… la drôle de guerre ! Son régiment se replie dans les Basses-Pyrénées et là, il fait une rencontre de la plus haute importance pour la suite de l’histoire : Etienne LORIN, imprimeur et accordéoniste.
A l’heure de la démobilisation, ce dernier décide d’abandonner l’imprimerie et de vivre de son accordéon à Paris. Il propose à ANDRÉ-ANDREL de le rejoindre. Ce qui inquiète quelque peu les parents MÉNARD.
Voici donc André qui débarque à Paris. Il y retrouve son frère René, interne dans un hôpital de Neuilly. Puis il se rend chez Etienne LORIN : il constate que ce dernier gagne sa vie dans les bals et les mariages. Il achète un accordéon, loge dans une chambre rue de Clichy. Il exerce divers métiers : mitron, plombier (il « prend bientôt la fuite »), garçon de courses et enfin employé dans une compagnie d’assurances, la Fiduciaire. Il est nanti d’un vélo avec lequel il parcourt tout Paris avec, on s’en doute, ses yeux et ses oreilles qui n’étaient pas dans sa poche.
Et il recommence à se présenter dans les crochets. Il s’y présente dans un numéro soigneusement mis au point avec Lorin, avec un costume étriqué : il gagne toujours. C’est alors qu’Etienne LORIN est pressenti pour accompagner BORDAS à l’ABC (On se souvient de « C’est moi que j’suis la femme à barbe ! » qu’elle chantait d’une voix qui faisait trembler les murs) et il faut deux accordéonistes. André ne se sent pas capable mais Etienne le persuade : une occasion pareille, ça ne se refuse pas.
C’est à cette époque qu’il fixe son personnage de paysan naïf et qu’il prend la décision de ne plus imiter FERNANDEL. Il commence à écrire des monologues : Le vélo, Le conservatoire. Il passe à La Gaîté-Montparnasse au début d’un programme dans lequel il est peu remarqué. Etienne LORIN lui déniche des engagements. Enfin il est remarqué par Tonton, directeur du Liberty’s de la Place Blanche. Puis il passe au Petit Casino où il devient BOURVIL, d’après le Bourville où il a passé son enfance. C’est là qu’il découvre la méchanceté, la grossièreté, la vulgarité qui règnent dans ce métier : il saura toujours en rester à distance. Enfin, en 1942, le voilà « Chez Carrère », un cabaret un peu plus chic où le directeur rit à son numéro puis lui dit : « Reviens ce soir ». Puis le voilà à l’Alhambra dans « La revue du rire » dont la vedette est OUVRARD. Il reçoit alors les encouragements de Vincent SCOTTO. Et surtout, en janvier 1943, il épouse enfin Jeanne, avec qui il restera toute sa vie. Et… il peut quitter « La Fiduciaire ». « Chez Carrère, à l’époque, 350 francs, ce n’était pas si mal ». Pas si mal, mais la boîte à cigares dans laquelle il dépose l’argent qu’il gagne est souvent vide.
Il pense également à faire éditer ses chansons : aux Editions Delormel, on lui explique qu’il faut d’abord être membre de la SACEM. Conditions : avoir fait six chansons et passer l’examen. Alors qu’il chante à « La vie en rose », il reçoit les encouragements d’Edith PIAF et rencontre Camille FRANCOIS qui lui donne deux textes que Lorin met en musique : « Timichiné-la-Poupou » et « Houpetta-la-Bella ». Par la suite, il consacrera tout un 33 tours à cet auteur. Au début 44, il a enfin ses six chansons et peut se présenter à la SACEM.
Cette même année, il passe au Théâtre de l’Etoile », « Chez ma cousine » et au « Club » où il reste un an ! Mais il est toujours refusé par le comité de sélection de la radio. Heureusement, François CHATELARD le fait passer dans « Sans tambour ni trompette », puis Pierre COUR et Francis BLANCHE dans « Sans rime et raison ». Jean-Jacques VITAL, le tout-puissant homme de radio l’entend et le fait passer dans « Pêle-mêle ».

Bientôt, toute la France connaît le rire et l’accent traînant du comique-paysan-naïf en apparence mais pas si bête-qui-se-sort-de-toutes-les-situations. Alors, le cinéma s’intéresse à lui et qu’est-ce qu’on va lui faire jouer ? Le même personnage ! Quelle imagination ! Dans « La ferme du pendu » de Jean DRÉVILLE, il chante à la fin du banquet son grand succès « Les crayons ». Dès lors, s’en suivra toute une série de nanars dans lesquels le même personnage naïf qui triomphe de… (voir plus haut) pousse toujours la chansonnette : « La rumba du pinceau » dans « Par la fenêtre », « La tactique du gendarme » dans « Le roi Pandore », « Le grand dindon blanc » dans « Le rosier de madame Husson », « Les enfants fan-fan » dans « Le trou normand »…
On peut se demander si la série de nouilleries tournées dans la décennie 1945-55 a réellement servi sa popularité ou si elle a retardé l’éclosion de ses extraordinaires possibilités. Côté scène, ce n’est pas mieux. Il va participer à plusieurs opérettes et désormais ne fera plus de tour de chant.
C’est tout d’abord en décembre 46 à l’Alhambra « La bonne hôtesse », opérette en 3 actes de Jean-Jacques VITAL et Serge VÉBER, musique de Bruno COQUATRIX. Dans cette étrange adaptation de « L’île aux esclaves » de MARIVAUX, les passagers d’un avion se retrouvent naufragés sur une île. Les seuls bagages sauvés de la catastrophe sont une malle de costumes de théâtre. Chacun revêt un costume et en prend peu à peu la personnalité : l’habit fait le moine. C’est André CLAVEAU la vedette. BOURVIL est son domestique : il chante : « Je suis content qu’ça marche » et « A pied, à cheval et en voiture » et se taille un très vif succès. Et grâce au cachet, les RAIMBOURG peuvent louer un appartement plus confortable dans le 17e.
En décembre 47 on recommence, toujours à l’Alhambra, avec les mêmes auteurs. Cette fois, c’est « Le maharadjah ». Jules et sa Julie vivent heureux à la ferme (en Normandie !). Un jour, tandis que Jules se repose au pied d’une meule de foin, un hélicoptère se pose. Deux hindous en descendent. Ils sont à la recherche de Julie, qui est la fille d’un maharadjah. La musique, le livret ne trouvent pas grâce auprès des critiques qui accusent les auteurs d’avoir bâclé une histoire invraisemblable (comme si le théâtre devait être vraisemblable !), de prendre le public pour « un ramassis d’imbéciles »… Mais on apprécie néanmoins la mise en scène, les trucages, les astuces… sauf BOURVIL à qui on commence à reprocher son éternel personnage de naïf et ses grimaces. Mais, cette fois, c’est une voiture que son cachet lui permet d’acheter.
En décembre 1948, les disques Columbia veulent réaliser un enregistrement intégral des « Contes d’Hoffmann », le célèbre opéra-comique posthume d’OFFENBACH. Ce qui, avec les lourds 78 tours de l’époque, devait représenter une œuvre de poids. BOURVIL a déjà enregistré : en 46, les disques Pathé lui ont offert un contrat. Il a enregistré bien sûr « Les Crayons » mais aussi ses monologues. Cette fois, c’est plus ambitieux. On lui a confié plusieurs petits rôles et voilà qu’il se retrouve à l’Opéra-comique avec l’Orchestre national et les chœurs dirigés par André CLUYTENS. Il n’aura jamais l’occasion de jouer cette œuvre sur scène mais il a la satisfaction de voir son talent reconnu par la critique musicale.
Malgré cette reconnaissance, BOURVIL repique à l’opérette : en décembre 1950, c’est « M’sieur Nanar » de l’habituel Jean-Jacques VITAL, livret cette fois de Pierre FERRARI et André HORNEZ. Il est l’inventeur d’un essuie-glace à musique, qui se trouve entraîné dans une sombre histoire car on l’a enlevé, le confondant avec un grand savant atomiste. Il y chante « M’sieur Nanar » et « La parisienne ». Mais la critique lassée des grosses ficelles et des calembours épais éreinte ce Nanar. Pourtant, le public vient. Pour BOURVIL ?
Mais après plusieurs films médiocres où on exploite toujours le même personnage, BOURVIL est au creux de la vague et, peu à peu, chante devant des salles presque vides.
Raymond VINCY et Francis LOPEZ viennent d’écrire « La route fleurie » et la proposent à Georges GUÉTARY de retour des Etats-Unis : il vient de tourner « Un américain à Paris ». Une musique de Georges GERSHWIN, une réalisation de Vicente MINNELLI, ce n’est pas rien ! GUÉTARY a vu là-bas le couple Bing CROSBY-Bob HOPE et rêve d’en créer un équivalent ici. Il propose aux auteurs le nom de BOURVIL : ils ne sont guère enchantés. Par bonheur, alors qu’ils sont sur la Côte d’azur, ils ont l’occasion de le voir dans son tour de chant. Ils le trouvent drôle. On lui propose le rôle en lui promettant qu’il sera à égalité avec GUÉTARY. BOURVIL accepte. Il interprètera six chansons : On est poète, A Madagascar, Les haricots, Pas de chance et deux duos avec GUÉTARY : Copains, copains et la fameuse « Vie de bohême ». Les deux compères ont pour partenaires Claude ARVELLE qui vient d’être élue « Miss Cinémonde » et la jeune Annie CORDY encore inconnue mais plus pour longtemps.
Au fur et à mesure que se déroulent les répétitions, on commence à douter : ce n’est pas drôle. Alors, on fait d’abord un rodage à Lyon : les spectateurs sont enthousiastes. Et, lors de la générale de décembre 52 à Paris, devant la presse et les invités, c’est un triomphe. Mais on souligne bien que c’est surtout grâce à Annie CORDY et à BOURVIL. Ce dernier fait tellement rire la salle que GUÉTARY a bien du mal à placer ses couplets d’amour. Beau joueur, il finit par en prendre son parti. D’autant qu’il rit beaucoup lui-même. D’ailleurs, il ne va pas discuter puisque La route fleurie est un triomphe. Le succès se prolonge. Pourtant, le directeur de l’ABC refuse d’augmenter les cachets d’Annie CORDY et de BOURVIL, au départ très inférieurs à celui de GUÉTARY. Alors, au début de l’année 54, Annie CORDY préfère payer un dédit au producteur. GUÉTARY s’absente pour tourner « Le baron tzigane ». Mais BOURVIL tient jusqu’à la fin, souvent en tournant des films dans la journée.
« La route fleurie » persiste à l’ABC jusqu’en 56, au total 1302 représentations, puis part en tournée. Un million trois cent mille spectateurs sont venus et Georges GUÉTARY y a rencontré sa femme, journaliste venue l’interviewer. En 1958, Etienne LORIN fonde l’école d’accordéon de Paris. BOURVIL en est le parrain. Bien que jamais partenaire de Luis MARIANO à la scène, il le retrouve plusieurs fois au cinéma, dans des prétextes à chanter : « Le chanteur de Mexico » et « Sérénade au Texas » qu’il vaut mieux oublier.
En voyant au théâtre Pierrette BRUNO jouer « Virginie » de Michel ANDRÉ, BOURVIL la fait engager dans « Pacifico ». L’opérette de Paul NIVOIX, Camille FRANCOIS, Jo MOUTET et Robert CHABRIER a pour mérite principal de reformer le duo GUÉTARY-BOURVIL qui avait si bien fonctionné. Et cette fois, BOURVIL est à égalité avec GUÉTARY. A son habitude, la critique trouve le livret bébête, la musique quelconque et le public viendra… pendant trois ans ! BOURVIL chante deux duos avec GUÉTARY : « Le duo des célibataires » et « Casimir le brocanteur » et un avec Pierrette BRUNO qui deviendra fameux : « Je t’aime bien ». Il chante aussi « C’est du nanan » et « Bonne année ». Mais le duo avec Pierrette BRUNO les rend inséparables pour quelque temps car ils enregistreront ensemble une dizaine d’autres chansons : farfelues comme « Vraiment, ça tombe bien » ou tendres comme « Aux quatre saisons » ou « On a vécu pour ça ». Parallèlement, Pierrette BRUNO enregistrera quelques disques seule mais sans grand succès.
Le duo continuant ses succès, on lui propose cette fois une pièce- dans laquelle BOURVIL chantera tout de même : « La bonne planque » de Michel ANDRÉ est d’abord jouée à Rennes en février 62. C’est le seul spectacle de BOURVIL sur scène à avoir été enregistré, ce qui permet d’apprécier toute la nullité du texte et de l’intrigue et tout le savoir-faire de BOURVIL afin que le public passe un bon moment. Car c’était bien là toute son ambition : que le public passe un bon moment. Combien de fois est-il sorti de scène en disant : « Ca va, ils sont contents… » ? Il chante (Bien, si bien, Ce p’tit air-là, Je pourrais faire ça, et bien entendu le duo avec Pierrette BRUNO : C’est pas le Pérou), il joue de nombreux instruments : tuba, piston, clairon, accordéon, guitare, et danse le twist qui est alors à la mode.
Ses camarades ont un peu de mal à le suivre mais il sauve la pièce et la critique, unanime, reconnaît son énorme talent comique. Et la pièce dure jusqu’au début 64.
En ces années 60, il n’est jamais absent des écrans et il ne va pas l’être longtemps de la scène puisqu’en décembre 65 à l’Alhambra, il joue « Ouah ! ouah ! » opérette de Michel ANDRÉ et Max FRANCOIS, musique d’Etienne LORIN et Gaby WAGENHEIM. Il retrouve Annie CORDY avec qui, après « La route fleurie », il a tourné plusieurs fois au cinéma : Poisson d’avril (1954), Le chanteur de Mexico (1956). Là encore, c’est le talent de BOURVIL – et d’Annie CORDY – qui fait tout passer. Mais le public ne marche plus. Ouah ! ouah ! reste peu de temps à l’affiche puis part en tournée. On se souviendra de BOURVIL chantant « Les abeilles » (bzz bzz bzz !).
Ouah ! ouah ! est son dernier spectacle musical. En 1967, dans « Les cracks », il fait une chute de vélo qui lui occasionne une bosse à la base de la colonne vertébrale. Malgré l’insistance du médecin, il refuse de passer une radio car il tient à terminer le film.
C’est à cette époque que Bruno COQUATRIX lui réclame sans arrêt un tour de chant. Tel l’oranger sur le sol irlandais, on ne le verra jamais. En 68, il consent à prendre un peu de repos et en profite pour se faire retirer un kyste à l’oreille. Le chirurgien fait alors un prélèvement et diagnostique la maladie de Kahler : cancer de la moelle osseuse. On ne sait si BOURVIL prévient sa femme, en tous cas, il ne dit rien aux gens de sa profession.
En 69, il refait de la radio : dans « Monsieur Paillasse » sur Europe 1 ; il bavarde de l’actualité avec Maurice HORGUES et Robert ROCCA mais il ne chante pas. C’est à la télé qu’il chante, dans le « Sacha-show », l’émission où les variétés étaient variées : « Des sous de côté », « Mon village au clair de lune », « Le convoyeur ». Il aimerait recommencer à travailler avec les CARPENTIER et Sacha DISTEL mais il doit tourner « Le cercle rouge ». C’est un rôle « sérieux » alors, évidemment, il craint de ne pas être à la hauteur. Il enregistre avec Jacqueline MAILLAN ce qu’il sait être son dernier disque : deux parodies de Serge GAINSBOURG, « Ca », parodie de « Je t’aime, moi non plus » et « Pauvre Lola ». De lui ou de la MAILLAN, on ne sait qui rigole le plus.

Le matin du 23 septembre 1970, la radio annonce la mort de BOURVIL.

Monsieur LEMONNIER se souvenait car, quelques années après la mort de BOURVIL, il est allé frapper à la porte de monsieur MÉNARD, son père, et lui a remis une grande enveloppe. « C’est tout ce qu’il me reste de lui ». Elle contenait le fameux poème « Mon hameau », trois dessins, un calendrier et deux lettres datées de 1969 et 1970 dans lesquelles il rassurait le vieil instituteur sur son état de santé.

© Jean-Paul CHEVALLEY
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MATÉO MF

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PRÉSENTATION:

MATÉO MF est une expérience inventée pour la scène avant tout. Concevoir ce disque a donc été un travail de longue haleine. Je l'ai voulu bigarré, foisonnant, débordant ; qu'il soit une mosaïque entremêlant les musiciens & amis qui m'entourent, les histoires que j'aime raconter, mes influences artistiques et mon goût pour le spontané. &Ea... En savoir plus

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